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 Le chêne

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Cracrahoc
Moi? je suis un arbre... Pas vous?
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Cracrahoc
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   Posté le 03-09-2004 à 00:57:08   Voir le profil de Cracrahoc (Offline)   Envoyer un message privé à Cracrahoc   

Le chêne, mythe et légendes...
Auteur: N.D. dit "Cracrahoc"
Copyright (c) 2004 N.D. dit "Cracrahoc"



Espèces concernées :
Chênes pédonculés(quercus robur), chênes sessiles ou chênes rouvres (quercus petraena), , chênes pubescents (quercus pubescens)
Ne sont pas concernés les chênes lièges (quercus suber), chênes verts (quercus ilex) et toutes les variétés non-européennes, n'ayant pas d'expérience personnelle avec ces espèces.


Le chêne, son genre, son ordre, et ses origines :
L'ordre : Fagale
La famille : Fagacée (Quercus, Fagus, Castaneae (Chênes, Hêtres, Châtaigners)
Le genre : Quercus (Quercus robur, Quercus petraea, pyrenaica, cerris, ilex, suber, coccifera, etc...)

Le Genre Quercus compte environ 250 espèces, des zones tempérées de l'hémisphère nord aux tropiques (en altitude). Huit espèces sont présentes en France à l'état spontané, 80 en Amérique du nord.
Le mot chêne vient du gaulois, peut être du mot celte Tann prononcé chann soit du gaulois cassanos ;


Petit rappel
  • Le chêne fait partie de ces arbres qui développent une racine dite « pivot ». C'est une racine, la première, qui pousse en profondeur. Dans la nature, cet arbre majestueux enfouit ses racines profondément, ce qui ne nous arrange pas, il faut le dire !
    Pour de jeunes semis, il faut attendre leur deuxième, voir la troisième année avant de commencer la réduction progressive de cette racine. Même si le pot de semis est peu profond, cette racine sera longue; Ne jamais la couper de plus de 1/3, et seulement si d'autres racines sont présentes en nombres au-dessus de la coupe; sinon, 1/5 reste raisonnable. Le "moins" est ici préférable que le "trop" ! En sachant que cette taille de la racine pivot ne peut se faire que sur un arbre en bonne santé et vigoureux. L'opération est à effectuer à chaque rempotage (donc tous les 2 ans !) avant la suppression totale.
    Petit évolution (ajout d'avril 2008) : il est possible de faire une taille de la racine pivot dès la sortie des premières feuilles en coupant juste en dessous de radicelles.
  • Le chêne a besoin de mycorhize (définition : symbiose entre un champignon et les racines d'un végétal) dans ses racines pour son bon développement et sa santé. Il est possible de l'implanter en mettant un peu de compost de feuilles ou d'écorce de pin décomposition. Pour un arbre déjà en symbiose, certains conseillent de récupérer les filaments blancs présent dans la terre. Personnellement, je trouve cette méthode peu pratique. Un mélange du nouveau substrat avec un peu de l'ancien (une partie qui contient ces « filaments » blancs !) est efficace, fiable et pratique.


    Les maladies du chêne
    Voir aussi IDENTIFICATION ET TRAITEMENT DES PRINCIPAUX PARASITES de Christ
    Le chêne est très sensible à l'oïdium, surtout dans ces jeunes années; traitement préventif les premières années indispensables, et surveillance accrue par la suite. Cette maladie tue 90% des jeunes pousses (observation personnelle).
    En cas de fortes chaleurs, il peut y avoir une « forme » de fumagine; qui n'en est pas une. Le chêne, à l'instar d'autres espèces, se protège des fortes chaleurs et de la déperdition d'eau qui l'accompagne, en sécrétant sur les feuilles une couche collante, qui bouche partiellement les stomates des feuilles, réduisant donc la sudation. Étant collante, toutes les poussières s'y collent et donnent parfois cette impression de fumagines. Sur des bonsaï, c'est plus rare, mais signe qu'il faut le changer de place pour un coin plus frais. Un arrosage par bassinage (voir même exceptionnellement une vaporisation soutenue) permet de supprimer cet état, mais seulement si l'arbre ne souffre plus de chaleurs. Peu esthétique donc, mais efficace pour l'arbre.

    Il est sujet à d'autres maladies :
    - Cloque
    - Maladie du corail
    - Taches foliaires
    - Anthracnose
    - Fonte des semis
    - Oïdium
    - Chancre
    - Pourridié

    et parasites :
    - Bombyx et processionnaires (chenille)
    - Buprestes
    - Capricornes
    - Cossus (chenille)
    - Géomètre (chenille)
    - Hannetons
    - Lucanes
    - Pucerons
    - Scolytes
    - Tordeuse (chenille)
    - Galle (Cynips et autres)

    Liste non exhaustive !

    Petit rappel : en cas de traitement anti-fongique, NE PAS TRAITER LA TERRE, protéger en l'enveloppant dans un sac, ou incliner perpendiculairement, car si du produit est en contact avec la terre, il y a un grand risque de détruire le mycorhize, qui est important pour la croissance et la santé de l'arbre !


    Les formes
    - Shakan
    - Tachiki
    - Han-Kengai
    - Sekijôju
    - Sôkan
    - Kabudachi

    Supporte le jin.


    La croissance
    Forte. Dans leur milieu naturel, ils poussent d'abord en hauteur puis développent ensuite les branches inférieures. De très nombreux rejets apparaissent qui, s'ils sont laissés, peuvent affaiblir l'arbre jusqu'au trépas.


    La mise en forme
  • Par ligaturage : Le tronc dans les jeunes années, les branches tout le temps. , mais attention, les branches sont peu souples et peuvent se plier d'un coup, écrasant les tissus et bloquant la circulation de la sève... avec les conséquences...
    Préférer une mise en forme par pinçage, plus adapté à l'espèce.
  • Par pinçage : Pincer le bourgeon terminal avant qu'il n'inhibe complètement les autres, juste avant la lignification. Pincer aussi les bourgeons visibles sur le tronc, sauf si l'emplacement vous intéresse pour une branche, pincer toujours les bourgeons à la base de l'arbre, ce sont des rejets(ou gourmand ) en puissance !
    - Un pinçage complet des bourgeons peut être effectuer fin septembre: enlever TOUT les bourgeons sans exceptions permet une densification rapide et une miniaturisation des feuilles. Cette technique ne doit être effectuée que sur des arbres en excellente santé et ayant eu un programme d'engrais pendant la saison. Une taille pratiquée en même temps permet une reconstruction complète. Au printemps suivant une multitude de petits points rouges apparaissent sur le tronc et les branches, ce sont les nouveaux bourgeons. Il faut les laissé se développer, puis sélectionner une fois poussé. Valable aussi pour les hêtres et les charmes.
  • Par la taille : Taille de structure en hiver, taille des pousses pendant la croissance. Une taille sévère relance les bourgeons dormants sur l'ensemble de l'arbre (tronc compris).

    Une défoliation faite à la mauvaise période donne un résultat à l'opposé de l'effet souhaité : les nouvelles feuilles sont encore plus grandes !
    Le chêne garde une grande capacité de bourgeonnage grâce aux bourgeons dormants présent partout, y compris sur le tronc. Malgré leurs petites tailles (presque invisible!) ils existent et peuvent croître à tout moment.

    Bien supprimer les rejets, qui affaiblissent beaucoup l'arbre, et peuvent le faire mourir.


    L'obtention
  • Par semis : prendre des glands mûrs de l'espèce choisie, les faire sécher un peu, et les planter dans un mélange avec de l'humus de chênes (prélever au pied de « grand » chênes, composé de feuilles en décomposition) qui permet une croissance idéale et l'installation de mycorhizes. Il favorise grandement la croissance et permet au semis de mieux résister aux maladies. Les mettre dans un pot et les laisser dehors de la chute des glands au printemps suivant. La terre du pot ne doit pas geler. On peut aussi les conserver en silo, les semer en mars/avril, hors gelées, avec 2 à 3 fois la hauteur du gland comme épaisseur de terre. La germination se fait, en générale, en 6 semaines.

  • Par bouturage : prendre des pousses aoûtées de 1 à 3 ans, tremper dans de l'hormone de croissance et maintenir sous serres jusqu'à l'enracinement. Taux d'échec important.

  • Par marcottage :
    Sur une branche, pratiquer la marcotte juste après la sortie complète des feuilles et laissé en place entre 1 à 3 ans, selon les racines présentes ;

  • par prélèvement : OBLIGATOIRE : Une autorisation du propriétaire du terrain doit avoir été obtenue. Le prélèvement est interdit sur les domaines publics, dans les réserves naturelles et dans les parcs. En cas d'infraction constaté, une saisie du matériel utilisé peu avoir lieu, sachant que le véhicule est considéré comme faisant partie de ce matériel. (valable pour la France, mais l'autorisation est valable PARTOUT !)
    Petit rappel : ne prendre dans la nature que des arbres qui ont une chance de survie REELLE, que leur absence ne défigure pas la beauté d'un lieu, et que leur implantation permette une possibilité pour les extraire. Par exemple : un bonsaï situé dans une anfractuosité dont les racines plongent directement dans une faille, impossible de faire sauter la roche! Plus réaliste, un arbre dans une carrière de pierres; il y a de forte probabilité que le sol soit majoritairement composé de pierres et de très peu de terre, d'où des racines très profondes, très étalées et un fort cubage à retourner qui occasionne de nombreuses blessures pour l'arbre et une mort presque certaine !


    Ce qui suit est valable pour tous les cas de figures (mise en forme par semis, par plant, par prélèvement)
    La difficulté réside dans la racine pivot, qui est d'autant plus profonde que l'arbre est âgé.
    Une préparation sur plusieurs années peu s'avère nécessaire pour accroître le taux de réussite.
    Il faut pratiquer une tranchée autour, à bonne distance, et très profondes, pour tailler les racines principales. Pour le pivot, un marcottage par de multiple incision permet d'aider la croissance de nouvelles racines. Ceci s'étale sur plusieurs années, pour pouvoir réduire significativement la racine pivot et augmenter la reprise de l'arbre dans son nouvel environnement. Une taille des branches est aussi à faire, en fonction des racines coupées, pour équilibrer...

    - Quand l'étalement sur quelques années n'est pas possible, un prélèvement peut être effectué en hiver, peu de temps avant le printemps. Préparez une bâche plastique pour contenir la motte, et de l'eau pour la maintenir humide pendant le transport. Avant le prélèvement, pratiquer une taille de toutes les branches mortes, enlever les lichens et autres parasites. Pas de taille de branches vive pour le moment, le volume de racines étant supérieur à celui des branches, pratiquez une tranchée large autour de l'arbre, et creusez en demi-sphère sous l'arbre. Repérez la racine pivot, (la plus grosse !) et la sectionner le plus profondément possible. Emballer l'arbre dans le plastique, en humidifiant les racines et transporter dans le local ou la mise en pot sera faite.

    - Une fois arrivées, pratiquer une taille de structure, réduisez les branches de façon à compenser le volume de perte des racines. S'il y a trop de feuilles et pas assez de racine, l'arbre ne pourra pas fournir la sève nécessaire et mourra. Recouper proprement et net la racine pivot, garder le bout obtenu. Penser à mettre du mastic cicatrisant sur toutes les plaies, y compris les racines, pour éviter les risques d'infections. Le bout de racine pivot permet de compter les cernes et d'estimer l'âge de votre arbre ainsi qu'un aperçu de sa vie.
    Après le prélèvement, il faut attendre la reprise complète avant tout travail dessus, l'année suivante il est possible de commencer le pinçage. Un nouveau rempotage ne peut avoir lieu que dans les 2-3 ans pour un arbre jeune, 4-5 ans pour des sujets plus âgés.
    Une nouvelle taille de structure ne peut être faite quand la deuxième année après le prélèvement, seulement si l'arbre est en bonne santé et avec une bonne croissance.


    La poterie
    Profonde, de couleur claire.


    Le substrat et engrais
    Le chêne supporte les substrats un peu lourds. Garder un peu de l'ancien à chaque rempotage, pour les mycorhizes. L'akadama convient pour l'arbre.

    De l'engrais organique du printemps l'automne, avec une période d'arrêt en juillet/août. Ne pas oublier qu'il faut une vingtaine de jour pour qu'il soit actif. De plus, le dosage, même avec de l'organique, ne doit pas être excessif, sous peine de voir les feuilles grandir !


    Conditions climatiques
    Dehors toute l'année, même sous la neige, mais une protection les racines contre le gel, et par grand froid (-5 et moins...) l'arbre est à protéger entièrement. La neige ne créée pas de gel, et sert plutôt d'isolement thermique pour les grands froids!


    Bibliographie:
    Le Larousse des arbres , édition Larousse/ Auteur: Jacques Brosses
    Les Arbres , édition Nathan/ Auteur: P.Lanzara et M. Pizzetti

    Merci à Michel Sacal pour ces conseils (technique de l'ébourgeonnage total)
    mise à jour le 17/01/2005

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    une traduction non officielle en langue française est disponible sur http://artbonsai.free.fr/fdl/fdl_french.html.
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