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 Les prélèvements : généralités

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patrick
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patrick
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   Posté le 14-02-2005 à 21:58:06   Voir le profil de patrick (Offline)   Envoyer un message privé à patrick   

Les prélèvements : généralités.
Auteur : Patrick
Copyright (c) 2005 Patrick

Avant-propos
Avant d'attaquer l'aspect technique du sujet, il est utile d'aborder l'aspect légal du yamadori.

Il faut savoir qu'en France tous les terrains ainsi que tout ce qui se trouve dessus, appartiennent à quelqu'un ou à une collectivité, donc prélever sans autorisation c'est voler le bien d'autrui : on s'expose donc à des poursuites judiciaires (voire du plomb dans les fesses ), ce qui peut signifier une bonne amende, la confiscation du matériel de prélèvement, véhicule inclus , et encore une peine de prison !

Ensuite l'aspect moral : il faut s'astreindre à ne prélever que des arbres viables et ce quand on a acquis assez de connaissances pour assurer leur survie.

Enfin, il faut remettre les lieux en état , reboucher le trou, il ne doit pas rester de traces de votre passage.

La pratique du yamadori (prélèvement d'arbre en Nature) ne se résume pas à la cueillette de bonsaï : les arbres ayant du potentiel ne sont pas si nombreux , on les trouve souvent dans des lieux isolés, loin de toute route, ce qui implique donc de longues heures de marche, souvent pour rien, mais pas toujours .

Ensuite il ne faut pas perdre de vue que du prélèvement au bonsaï, il peut se passer quelques années, ce qui au final ne fait pas forcément gagner beaucoup de temps sur du semis.

C'est aussi une activité assez coûteuse , ces arbres poussent souvent loin de la maison, cela occasionne donc pas mal de frais de déplacement, et je le répète on ne trouve pas son bonheur à chaque fois.

Enfin, prélever un arbre dans la nature n'est pas un acte anodin, même si on a toutes les autorisations légales, je pense que c'est s'engager à tout mettre en oeuvre pour assurer sa survie .

Alors à quoi bon prélever ?
Eh bien, c'est le seul moyen, sauf à débourser de réelles fortunes, de se procurer des arbres ayant des formes naturelles inimitables ainsi qu'une écorce marquée par les éléments et le temps qui est gage de maturité.

Exemple de belle écorce sur un pin sylvestre :



Que faut il chercher ?
  • un beau nébari
  • une belle conicité du tronc
  • des branches bien placées, avec des aiguilles rapprochées du tronc dans le cas des conifères
  • dans le cas des caducs, on coupe parfois toutes les branches, celles ci seront à rebâtir (on ne prélève qu'un tronc intéressant)
  • une écorce vénérable
  • une taille acceptable (certains yamadori sont obtenus en n'utilisant que la première branche par exemple)
  • de l'émotion quand on le regarde
  • et la possibilité de prélever l'arbre avec sufisamment de racines.

    Exemple de prélèvement de caduque, un cerisier de sainte Lucie :



    Exemple de prélèvement de résineux, un pin sylvestre :



    Dans les faits, les arbres ayant toutes ces qualités sont relativement rares , on les trouve souvent dans des lieux où ils subissent des conditions de vie difficiles :
  • saison végétative courte en montagne
  • sous la neige une bonne partie de l'année
  • sol pauvre en nutriments et en eau
  • été très chaud et sans eau
  • arbre brouté ou parasité

    Une fois la bête rare trouvée, il faut se mettre en quête de l'autorisation de prélèvement , du propriétaire si c'est un terrain privé, du garde forestier (ONF ou autre), il est toujours préférable de prélever dans la légalité.

    Le matériel
  • une petite pioche solide (un décintroir de coffreur dans mon cas)
  • une bonne bêche
  • un sécateur
  • un ébrancheur
  • une scie pliable
  • une massette
  • un burin
  • un pied de biche
  • de la bâche solide
  • de la ficelle élastique
  • un couteau
  • du mastic cicatrisant



    Les périodes les plus propices
  • pour les feuillus caduques , au printemps juste avant le débourrement et à la chute des feuilles à l'automne, mais dans ce cas il vaut mieux prévoir un hivernage hors gel.
  • pour les feuillus persistants (seulement le buis dans mon cas), même période au printemps que pour les caduques, mais aussi fin août , début septembre.
  • pour les pins (sylvestres et crochets) au printemps juste avant l'allongement des chandelles, ça peut varier d'avril à juin suivant l'altitude et l'avancement du printemps et de mi août à mi octobre, (prévoir que l'arbre aura besoin suite au prélèvement de deux mois environ sans subir de gelées pour bien se remettre, il vaudra mieux également lui éviter les rigueurs hivernales).


    Le mode opératoire
    Dans le cas des conifères , on peut éventuellement tailler les branches inutiles et gênantes, pas trop court : elles feront peut être de futurs jins.
    Dans le cas des feuillus , il arrive souvent que l'on coupe toutes les branches comme indiqué plus haut.

    La méthode varie surtout en fonction du terrain

    A - L'arbre pousse dans de la terre

    1 - Commencez par dégager le collet en grattant avec le couteau pour vérifier qu'il est réellement intéressant, qu'il n'y a pas de défauts, comme une conicité inversée.



    2 - Ensuite, creusez une tranchée autour de l'arbre de manière à le cerner, il vaut mieux laisser une motte ayant au moins un rayon égal à 4 diamètres du nébari, et d'une même profondeur (pour cette tache j'utilise la petite pioche).



    3 - La plus grosse difficulté vient de la racine pivot, parce que placée dessous elle n'est pas très accessible, pour l'atteindre, creusez en biais et coupez-la.


    A chaque fois que vous rencontrez une racine, coupez-la proprement au sécateur pour éviter de briser la motte en tapant dessus.


    4 - Ensuite, la motte correctement cernée, employez-vous à planter la bêche dessous afin de soulever la motte en faisant levier. A la moindre opposition, arrêtez-vous et vérifiez si cette résistance ne provient pas d'une racine. Le cas échéant, coupez-la au sécateur.

    Procédez ensuite de la même façon pour l'autre côoté.


    5 - Quand la motte est complètement désolidarisée du sol, faites à nouveau levier avec la bêche, glissez la bâche pliée en deux dessous, et reposez délicatement, relevez de l'autre coté et dépliez la bâche de manière à ce qu'elle isole totalement la motte du sol.




    6 - Vous pouvez alors sortir l'arbre du trou en vous servant de la bache, jamais en le tirant par le tronc .

    A ce moment vous pouvez délicatement réduire la motte avec le couteau, jusqu'a trouver les racines. Il faut rechercher l'équilibre, de façon à alléger au maximum le végétal pour le ramener à la voiture, tout en n'abîmant pas trop les radicelles.


    7 - Taillez alors les grosses racines qui dépassent de la nouvelle motte et mastiquez les coupes.

    8 - Ensuite, emmaillotez la motte et saucissonnez le tout, avec de préférence de la ficelle élastique, la motte restera plus compacte pendant le trajet.


    Enfin comme je suis bien élevé, je rebouche le trou .

    B - L'arbre pousse entre des cailloux ou dans une anfractuosité rocheuse (J'ai surtout rencontré ce cas de figure avec des pins).

    Avant tout, assurez-vous que vous allez pouvoir récupérer sufisamment de radicelles. Quelques indices positifs :
  • l'arbre bouge si on le secoue.
  • dans le peu d'espace où il pousse il y a de l'humus ou de la terre ou
    un substrat quelconque qui permette un développement de radicelles.

    A l'aide du burin dégagez le pain racinaire en éclatant la roche qui l'emprisonne, jusqu'a ce que celui ci vienne sans efforts.

    Le but est de récupérer le maximum de radicelles, par contre vous pouvez sacrifier les longues racines qui partent se perdre dans la roche.

    Donc à ce stade l'arbre est sorti, comme dans l'autre cas on mastique les grosses coupes, par contre avant d'envelopper la motte dans la bâche, entourez-la de mousse ou de papier humide, ce qui va retarder
    le dessèchement des radicelles.

    A ce moment, saucissonnez de la bâche (comme au point 8 ci-dessus), pour bien maintenir en place l'ensemble racines-terre .


    Certaines essences comme le chêne, sont très dépendantes de la racine pivot (longue racine verticale) et ne développent pas forcément de racines horizontales récupérables. Dans ce cas il vaut mieux étaler le prélèvement sur plusieurs années :
  • la première on peut garrotter et inciser le pivot afin de le marcotter, on rebouchera le trou avec un bon mélange.
  • La séparation ne pourra pas être faite avant que l'arbre n'ait émit des radicelles.


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    une traduction non officielle en langue française est disponible sur http://artbonsai.free.fr/fdl/fdl_french.html.

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    @+ Patrick (Toulouse)
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