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 Les traitements peuvent devenir des "bombes"

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bossvert
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bossvert
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   Posté le 17-07-2009 à 12:20:24   Voir le profil de bossvert (Offline)   http://bossvert.net/index.htm   Envoyer un message privé à bossvert   

Auteur : jeje33

Nous utilisons tous ou avons déjà tous utilisé des produits phytosanitaires un jour pour mettre fin ou prévenir une maladie sur un ou plusieurs arbres. Ces "bombes" ne sont pas à manipuler à la légère et il s'agit donc d'en user en connaissance de cause.
Cet article permettra, je l'espère, d'éclaircir quelques zones d'ombre quant à l'utilisation de ces produits, leur application sur le végétal et les conséquences sur l'environnement et sur l'homme de certains produits.



Présentation des différentes familles de produits phytosanitaires.

Les produits généralement distribués en jardinerie sont classés en trois grandes familles selon leur façon de migrer ou non dans la plante traitée. Ceci est valable par exemple pour les produits phytosanitaires mais aussi pour les herbicides. Les insecticides sont eux classés selon leur mode d'action sur l'insecte visé.

• Les produits dits "de contact" :

Comme l'indique le titre, le produit n'agit que par contact sur la plante. Ils sont en règle générale des produits "préventifs" car le rôle du produit est "de monter la garde" à la surface de la feuille. En effet, il va empêcher le mycélium du champignon de pénétrer à l'intérieur de la feuille et de s'y développer.
L'inconvénient de ces produits est qu'ils sont lessivables. Une pluie de 20/25 mm suffit à "effacer" les traitements laissant la plante sans protection. Dans tous les cas, la durée d'efficacité de cette famille n'excède pas huit jours.
On trouve dans cette famille le Soufre, le Cuivre très largement utilisés mais aussi le Mancozèbe ou le Manèbe …

• Les produits dits "pénétrants" :

Dans cette famille, le produit migre à l'intérieur de la feuille quelques heures après l'application. Ainsi dès que la migration est complète (environ deux heures) le produit est à l'abri des pluies qui pourraient le lessiver. Cette famille est surtout constituée de produits curatifs assez peu courants dans le magasin accessible au jardinier. Leur durée d'action est d'environ dix à douze jours.
On y trouve par exemple le cymoxanil ou le Dimétomorphe.

• Les produits dits "systémiques" :

Enfin, les spécialités systémiques agissent comme un pénétrant mais sont en plus véhiculées par la sève (brute et élaborée). Ainsi, elles protègent même les nouvelles pousses apparues après l'application du traitement. Leur mode d'action est plutôt préventif et leur durée d'action varie entre douze et quatorze jours.
On trouve en jardinerie le Fosétyl Al, mieux connu sous le nom "d'Aliette" mais aussi le Glyphosate dans la famille des désherbants.

Les insecticides sont classés en "neurotoxiques", "larvicides" ou "ovicides". Le premier agit sur l'insecte qui va pondre, le deuxième sur la larve fraîchement sortie de l'œuf et le dernier sur l'œuf lui même en empêchant son éclosion.

Conditions idéales à l'application.


Il n'est que trop peu souvent question des conditions d'application des produits sur les emballages. Or, elles sont primordiales à l'efficacité du traitement. En effet, l'efficacité d'une spécialité peut être très limitée si l'application est faite dans de mauvaises conditions climatiques et/ou pratiques.

• L'humidité :

Ça peut paraître évident, mais il est bon de rappeler qu'il ne faut pas traiter en présence d'eau sur le végétal. Une simple rosée peut provoquer une dilution du produit et donc amoindrir son action.

• Le vent :

Là encore, il est important de prendre en compte l'effet du vent sur la qualité de l'application du produit. En effet, si un courant d'air passe au moment de l'application, la quantité de bouillie qui atteindra le végétal sera moindre. Par contre, on peut utiliser ces mêmes courants d'air pour atteindre des parties de végétal inaccessibles à bout de pulvérisateur (cas d'arbres en pleine terre bien sûr). Attention, la loi interdit de traiter avec un vent supérieur à 3 Beaufort.

• L'outil applicateur et la finesse des gouttes :



Le pulvérisateur utilisé pour traité a aussi son importance sur la qualité du traitement. L'arrosoir est par exemple à bannir. En effet, l'arrosoir et sa pomme ne permettent pas la formation de gouttelettes qui favorise la tenue de la bouillie sur le végétal. Les gouttes formées sont trop grosses, glissent sur la feuille en ne laissant presque rien et beaucoup de produit s'échappe dans la nature. Si vraiment vous ne disposez pas d'un pulvérisateur "sous pression" de jardinier, pourquoi ne pas utiliser un vieux vaporisateur de "produit à vitre" ?
Ce qu'il faut retenir est que plus la goutte est fine est meilleure sera la répartition du produit sur le végétal, mais plus le "brouillard" sera sensible au vent. Même dans le cas d'un fin brouillard, inutile d'attendre que les feuilles ruissellent pour arrêter de pulvériser …

A quelle dose et quelle quantité ?

Il est très important de respecter les doses d'emploi des produits phytosanitaires. Il est inutile de sur doser en se disant "ça marchera mieux" (attention, risques de création de souches résistantes)… De même, se dire "je divise la dose par deux, ça marchera quand même" n'est pas toujours très judicieux. Certaines sources rapportent que l'utilisation d'une eau adoucie permet de diminuer les doses … A vérifier !
Alors la dose, c'est quoi ? Elle est toujours indiquée sur le carton d'emballage et même sur le contenant lui même, d'où l'importance de lire la notice et de conserver le flacon d'origine. Pour exemple, la bouillie bordelaise est le plus souvent à doser à 2% soit 20gr dans un litre d'eau.

Maintenant la quantité de bouillie à préparer ; Comme expliqué plus haut, inutile de faire ruisseler l'eau sur la feuille, donc de préparer des quantités astronomiques de bouillie. Pour savoir quelle quantité de produit préparer, faite l'essai sur ce que vous avez à traiter avec de l'eau sans produit. Ainsi en reproduisant le même passage, vous ne devriez pas avoir de restes de bouillies …

Comment bien pulvériser (préparation, pulvérisation) ?

Comme expliqué précédemment, la finesse des gouttes est primordiale. Mais ce n'est pas tout ! Encore faut-il que la bouillie soit correctement préparée. Ainsi il est important de bien homogénéiser le produit dans la bouillie. Pour ce faire, il faut remplir le pulvérisateur au tiers du volume nécessaire au traitement avec de l'eau propre (de ville ou de pluie), ajouter en suivant le produit (liquide ou poudre) et ensuite compléter avec de le reste d'eau. Il est même préférable de faire le tout sous agitation à partir du moment où le produit est inséré dans le pulvérisateur. Si ce n'est pas possible, bien agiter la bouillie fraîchement préparée et juste avant l'application. En reprenant l'exemple de la bouillie bordelaise et pour 1Litre de bouillie, je commence par remplir 33cl d'eau dans le pulvérisateur, puis je mets les 20gr de cuivre et enfin je complète avec de l'eau jusqu'à 1L.

Comment se protéger ?

La protection de l'applicateur (vous !! ) est aussi très importante. N'oubliez pas que ce sont très souvent des produits irritants, nocifs et/ou toxiques. De ce fait, l'utilisation de gants en caoutchouc (type gants de vaisselle ou médical) est indissociable de la manipulation de ces produits, de la préparation de la bouillie jusqu'à l'application sur le végétal et même le rinçage du pulvérisateur. Il est aussi important de couvrir le maximum de surface de peau. L'utilisation d'une combinaison est très adaptée, si cependant vous n'en possédez pas, un pantalon fera l'affaire. L'utilisation de vêtements imperméables est tout à fait cohérente à condition de bien les rincer après utilisation. Enfin, des lunettes (type protection rotofil) et un masque sont aussi indispensables.
Bien entendu, libre à vous de le faire en tenu légère, mais retenez bien que c'est à vos risques et périls …



Simple rappel : En présence de vent pendant l'application, veillez à avoir le vent dans le dos pour éviter les embruns de pulvérisation …

Quelles sont les conséquences sur l'environnement ?

Vaste sujet !! Il est vrai que n'importe quelle intervention de l'homme a une conséquence sur l'environnement, l'utilisation de produit phytosanitaire sans doute encore plus. Les conséquences sont multiples mais concentrées en deux "familles". Il y a l'effet de modification phisico-chimique de l'air de l'eau et du sol et l'effet sur la faune et/ou flore environnante.
Un traitement peut par accumulation, surdosage ou mauvaise utilisation entraîner des pollutions de l'air (ou pollution diffuse), de l'eau et du sol. Même si les quantités utilisées en "jardinage loisir" sont faibles, elles le sont souvent sur des surfaces très petites, d'où une concentration de la pollution. De plus, un jardinier amateur "affolé" aura tendance à multiplier les traitements, d'où l'intérêt de savoir ce que l'on fait !
L'utilisation de substance phytosanitaire a aussi des conséquences sur le faune, notamment les insecticides. L'emploi de ces spécialités à de fortes conséquences sur la faune auxiliaire quand l'insecticide en question n'est pas ou peu sélectif. Pour exemple, l'emploi d'un anti-pucerons ne devra éliminer que les pucerons et non pas les larves de coccinelles ou autre. Ce serait créer un véritable déséquilibre en notre défaveur et celle de l'environnement. Certaines spécialités anti-cryptogame (anti-oïdium, anti-tavelure …) ont aussi cet effet-là si employés à la mauvaise période ou dans de mauvaises conditions …
Il faut ajouter que l'utilisation répétée d'une même substance active peut à la longue créer des souches résistantes de pathogènes. Pour éviter ça, il est important de varier les spécialités d'un traitement à l'autre ou à défaut en intercalant un produit différent tous les deux ou trois traitements.

Comment les stocker et éliminer les restes de bouillies ?

Pour des raisons de sécurité, il est important de stocker les produits de traitement dans une armoire fermée à clé hors de portée des enfants. Cette armoire doit être étanche et doit permettre de récupérer la moitié du volume des produits contenus par l'armoire en cas de fuite d'un des contenants. Ceci dans le but d'éviter les pollutions diffuses.

Après chaque traitement, le rinçage du pulvérisateur est indispensable. Mais que faire du reste de bouillie ou de l'eau de rinçage ? Très simple, s'il vous reste un peu de produit dans le fond du pulvérisateur, il suffit de le diluer dans dix fois son volume et de pulvériser à nouveau sur les plantes précédemment traitées (sur plantes sèches). En faisant de la sorte, on divise par dix les risques de pollution et la concentration des eaux rejetées. L'eau de rinçage du pulvérisateur devra connaître le même sort. Bien entendu, les proximités de point d'eau (rivière, lac, piscine …) sont des endroits à proscrire pour l'utilisation de tels produits et pour leur élimination … Il est obligatoire de laisser une bande enherbée de dix mètres entre une rivière et le lieu de traitement pour éviter les ruissellements éventuels.

Conclusion.

Après la lecture de cet article, j'espère que votre utilisation de spécialités phytosanitaires en sera légèrement modifiée. Prenez soin de vous protéger et de protéger l'environnement qui nous entoure, ceci dans l'intérêt de tous. Pas de panique, cet article n'est pas là pour vous faire peur, juste pour vous faire prendre conscience des conséquences de l'emploi de produits chimiques sur vos plantes et vous aider à mieux les appliquer. Bien entendu, personne ne vous oblige à les utiliser …


Remerciements :
Merci à Laurent (bossvert) pour ses conseils ...

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Edité le 17-07-2009 à 12:21:33 par bossvert




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"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les
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Charles Darwin - 1809-1882
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